Les outsiders: Iban Mayo

Mémorable vainqueur de l’étape de l’Alpe d’Huez en 2003, l’espagnol, avec un brillant Dauphiné en poche, faisait figure, l’année suivante, de candidats sérieux à la victoire finale. Hélas, il a radicalement manqué son rendez-vous. Discret en début de saison, Mayo s’est vraisemblablement réservé pour le Tour mais si beaucoup attendent ce grimpeur de la trempe des plus grands, dès les premiers cols alpins, le basque a un handicap qui semble lourd à surmonter: le contre la montre. Certes, Marco Pantani a prouvé, en mettant plus de huit minutes à Jan Ullrich lors de l’étape du 27 juillet 1998, que tout était possible pour les purs grimpeurs. Mais cette année, provoquer une défaillance, en se faisant allié de la météo, ne suffira probablement pas. Effectivement, nous avons changé d'ère, il n’y a plus un héros au-dessus de tout le monde mais au moins deux surhommes complets, complémentaires et quasiment infaillibles: Armstrong, le pluiviophile et Ullrich, l‘héliosophile. Si Mayo ne semble pas en mesure de remporter le Tour de France, c’est un des hommes qui peut, par ces coups d’éclat, faire vibrer les foules.