HINCAPIE: DE PARIS-ROUBAIX AU TOUR

Publié le par Los diablos

Nous y voici enfin, cette étape-reine du Tour tant attendue par les spectateurs et les commentateurs, tant crainte par les coureurs. L’étape de ce dimanche 17 juillet était une étape-clef dans ce Tour, la dernière chance pour les grimpeurs de faire chuter Armstrong, la dernière chance pour Armstrong de nous prouver qu’il est bien LE Boss du Tour de France… Mais également la dernière chance sur ce Tour pour les Espagnols de prouver, sur une étape où ils seront pour ainsi dire à domicile, qu’ils sont bien une terre de grands grimpeurs… Mais cette étape devait aussi être une étape du souvenir de deux événements dramatiques de l’histoire du Tour de France : le souvenir de Fabio Casartelli, qu’aucun coureur n’a oublié, pour preuve le bracelet que beaucoup portaient lors de cette étape, l’ancien équipier d’Armstrong, décédé dans la descente du col du Portet-d’Aspet en 1995 et celui de Luis Ocaña, victime d’une terrible chute lui coûtant la victoire finale lors de Tour de France 1971, deux cols qui seront abordés lors de cette terrible étape. Les autres difficultés seront le col du Portillon, le col de Peyresourde, le col de Val-Louron-Azet et la montée finale vers Saint-Lary-Soulan (Pla-d’Adet). Ce qui fait une difficulté de 2ème Catégorie (col du Portet-d’Aspet), une Hors-Catégorie (le Pla-d’Adet), les autres sont de 1ère Catégorie… Un terrible programme, pour une étape de légende qui ne sera pas facilitée par la météo caniculaire frappant les Pyrénées…

L’étape démarra très vite, les attaques se succédant dès les premiers kilomètres de course mais le peloton ne laissa pas partir les premières tentatives d’escarmouche. Après 35 bornes courues, le peloton laissa enfin partir un groupe de 14 coureurs, groupe parmi lequel se trouvait le vainqueur de l’étape du jour… Le groupe est composé des coureurs suivants : Hincapie (DSC), Sevilla (TMO), Boogerd (RAB), Dekker (RAB), Kroon (RAB), Pereiro (PHO), Bertogliati (SDV), Davis (LSW), Caucchioli (CA), Brochard (BTL), Pineau (BTL), Bertolini (DOM), Camano (EUS) et Astarloza (AGR), avec donc trois coureurs de la Rabobank et deux Bouygues Telecom, les autres étant seuls. Dans ce groupe, le coureur le mieux placé au général est l’Espagnol Pereiro, classé 24ème à 24’40’’ de Lance Armstrong, aucun danger donc pour Le Boss. L’échappée prit le large très rapidement, l’écart atteignant plus de 15 minutes au pied du premier col de la journée de la journée, le col du Portet-d’Aspet. Le peloton, emmené par les équipiers d’Armstrong, progressait à un rythme très faible. Certains coureurs se retrouvaient cependant déjà en difficulté malgré ce rythme : parmi ceux-ci, on retrouvait les habitués : McGee, Menchov et Beloki. L’écart au sommet de la difficulté de 2ème Catégorie entre le groupe de tête et le peloton était de 17’20’’. L’écart continuait encore d’augmenter dans le col de Menté, où le peloton passa à 18 minutes des hommes de tête. Ensuite, les coureurs se voyaient offrir un petit répit, avec la traversée de la seul portion de plat des 120 derniers kilomètres. L’écart continuait encore de gonfler, atteignant les 20 minutes avant que les hommes de la CSC, à quelques kilomètres du pied du col de Portillon ne se décidaient à prendre la course en main, plaçant Luke Roberts à l’avant du peloton et faisant diminuer l’écart jusqu’à environ 17 minutes au pied du Portillon. Dès le début de l’ascension, Nikki Sorensen accélèra le tempo du peloton, faisant déjà exploser un grand nombre de coureurs, parmi lesquels notamment Garzelli, Cioni et les équipiers d’Armstrong Noval et Padrnos. C’était ensuite au tour de Sastre de prendre le relais de Sorensen, continuant de lâcher les coureurs qui sont trop courts dès que la route s’élève : Karpets, Hushovd, Totschnig, Nardello, Pelizotti et autre Casar était contraint de lâcher prise. Mais l’effort combiné de Sorensen et de Sastre ne fut que trop court pour réellement faire du dégât dans les grands noms du peloton ou, au moins faire craquer les équipiers d’Armstrong. Devant, le rythme s’accélèrait et une première sélection s’opèra dans le groupe de tête : Dekker, qui avait emmené le groupe jusque là dut lâcher prise, il sera suivi par Astarloza, Pineau et Bertogliatti. Le tempo devant était alors assuré par le deuxième Rabobank : Carsten Kroon. L’écart au sommet entre le groupe de tête et le peloton était de 16’15’’. Dans le col suivant, celui de Peyresourde, le groupe de tête continua de se décanter : Kroon, Bertolini, Davis et Camaño devaient se résoudre à laisser partir leurs compagnons d’échappée. Il ne restait donc en tête que 6 coureurs : Hincapie, Pereiro, Boogerd, Sevilla, Caucchioli et Brochard. Derrière, Sastre réaccélèra dès le pied de la difficulté et fait exploser le peloton : seul une vingtaine de coureurs passeront le sommet avec les meilleurs, avec de retard de 11’30’’ sur le groupe de 6 coureurs.

Et nous voici déjà dans l’avant-dernière difficulté de l’étape : le col de Val-Louron. Alors qu’à l’avant de la course, les coureurs commençaient déjà à s’observer, la course commençait enfin réellement derrière : d’abord les équipiers de Basso prenaient la course en main, augmentant une nouvelle fois un tempo dès le pied du col afin de lâcher les coureurs qui étaient revenus dans la descente de Peyresourde. Après l’effort de Sastre, un moment de flottement et les Discovery Channel restants dans le groupe reprenaient la course en main… Jusqu’au moment où les T-Mobile lancèrent réellement la course : Guerini venait prendre un relais très appuyé, suivi par une nouvelle augmentation du rythme par Vinokourov. Il ne restait plus que les plus grands noms : Vinokourov, Ullrich, Basso, Armstrong, Azevedo, Mancebo, Rasmussen et Leipheimer. C’est à ce moment-là que Basso décida de lancer son attaque… Seul Armstrong réussit à revenir sans trop de difficultés, rejoint par après par Ullrich. Au sommet, on se retrouvait donc avec la situation suivante : 6 hommes en tête, le groupe des trois favoris (Armstrong, Ullrich et Basso) à 7’40’’ et, 1’30’’ plus loin, un groupe de 8 coureurs, composés de Piepoli, Leipheimer, Mancebo, Vino, Landis, Moreau, Popovich et Mazzoleni.

Il ne restait maintenant que la montée finale vers le Pla-d’Adet et la course se fera à deux niveaux différents : le lutte pour la victoire d’étape et celle pour le classement général. Voyons d’abord la lutte pour le général : dès les premiers lacets de l’ascension, Basso tenta une nouvelle attaque, contrée immédiatement et très facilement par Armstrong. Seul Ullrich ne suivait et se retrouvait lâché mais ne paniqua pas, ne se mit pas dans le rouge et continua de monter à son rythme. Il se retrouva vite à une quinzaine de secondes mais l’écart restera stable jusqu’à 2 ou 3 kilomètres de l’arrivée, moment où Ullrich craquera complètement et lâchera 1 minute en quelques kilomètres, malgré l’aide reçue par Sevilla… Mais derrière ces trois-là, la lutte pour les places d’honneur se poursuivait : Vinokourov et Mancebo, qui était dans un groupe avec Rasmussen, Landis, Leipheimer, Moreau et Zubeldia attaquaient et revienaient sur un autre groupe, composé de Mazzoleni et de Popovich. C’était ensuite au tour de Rasmussen de faire le bond entre ces deux groupes. A ce moment, Rasmussen et Vinokourov se lancèrent à la poursuite de Mancebo qui avait attaqué entre-temps. Mais Vino ne parvenait pas à suivre le rythme du Danois et dut le laisser filer. Rasmussen rejoignit Mancebo et les finiront une nouvelle fois l’étape dans le même temps.

Intéressons nous maintenant à la lutte pour la victoire d’étape. On a donc en tête 6 hommes : Hincapie, Pereiro, Boogerd, Sevilla, Caucchioli et Brochard. Le premier à attaquer sera celui qui est, au vu de l’ascension du col de Val-Louron, le plus faible du groupe, Oscar Sevilla. Mais son attaque est vite avortée quand Pereiro ramène Boogerd et Hincapie dans sa roue. C’est ce moment que choisit Pereiro pour lancer son offensive : une attaque qui aura comme effet de se débarrasser définitivement de Brochard et de Sevilla, Caucchioli se faisant distancer mais il reviendra plus tard dans le groupe de tête à environ 6 kilomètres de l’arrivée. Caucchioli, juste après son retour, essaya d’attaquer mais, une nouvelle fois, Pereiro le contra. Seul Hincapie parvint à suivre le rythme du coureur espagnol, Caucchioli et Boogerd se faisant lâcher définitivement. Les deux hommes de tête se disputèrent la victoire d’étape au sprint et, sans vraiment de surprise, le deuxième de Paris-Roubaix remportait la victoire dans l’étape-reine de ce tour de France…

Article signé Rip32 pour le blog, prochainement relu et éventuellement corrigé par Matth

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Publié dans 2005

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