Appel à la création d'un autre Tour de France
Le Tour de France n'appartient pas à ses organisateurs.
Le Tour de France n'appartient pas à des sponsors.
Le Tour de France n'appartient pas aux coureurs multi-millionnaires.
Le Tour de France appartient à son public.
Marre que le Tour soit l'otage d'intérêt capitaliste.
Le Tour d'ASO nous n'en voulons plus.
Il faut créer un autre Tour de France, un Tour fidèle à l'esprit d'aventure qui animait ses premières éditions.
Auparavant le Tour de France, c'étaient des coureurs seuls au milieu de paysages grandioses... c'étaient de belles histoires de courage, d'amitié... c'était une grande aventure: il y avait plein de choses à raconter... on est loin de ces coureurs qui partaient avec leur boyau sur l'épaule... maintenant, un coureur crève, on lui change carrément sa roue en moins de 20 secondes... il n'y a plus rien à raconter: les coureurs ne sont que des assistés: pour un coureur, il y a un 20 voitures et 20 médecins... maintenant, le Tour de France, ce n'est plus qu'un convoi de centaines de véhicules qui balancent des petits bouts de papiers sur le bord de la route pour se faire de la pub; au milieu de ces camions, de ces voitures, de ces motos... un troupeau de dopés sponsorisés par des machines capitalistes... un troupeau qui passent si vite qu'on peut à peine les voir même dans les montagnes les plus pentus.
Comment avoir de l'admiration pour des vainqueurs de Tour de France dopés qui s'entraînent 2 heures par jour, qui se la coulent douce le reste du temps et qui gagne des dizaines de smic par mois?
La solution?
Créer un autre Tour de France.
Un Tour de France sans voiture, sans publicité, sans argent, sans dopage et entièrement financé par la communauté.
Une idée absurde?
N'y a-t-il 20 millions de personnes au bord des routes chaque année? Si chacun paie 10 centimes, il y a largement de quoi monter une grande course. N'y a-t-il pas des millions d'étrangers qui viennent en France pour voir le Tour? Ces étrangers font marcher les commerces, paient la TVA sur de nombreux produits si bien qu'au final, le Tour est une affaire rentable pour la communauté.
Quel Tour créer?
Des solutions radicales s'imposent.
Les équipes doivent être financées par les Etats ou des groupements d'Etats, tout sponsor privé doit être interdit. Ainsi, le cyclisme sortirait du monde du business. Les coureurs n'auraient plus la pression de sponsors qui poussent au dopage.
Il faut nationaliser le Tour de France et faire en sorte que la grande boucle ne soit plus dépendantes d'intérêts économiques privés.
Il est scandaleux de constater qu'aujourd'hui, le service public fasse la publicité de sociétés privées malsaines. Il faut interdire la publicité sur le Tour de France.
Interdire les oreillettes pour que les coureurs ne soient plus téléguidés et prennent des décisions.
Interdire l'assistance automobile (à l'exception d'une assistance médicale et, à débattre, de deux ou trois motos télé). Les coureurs devront se dépanner eux-mêmes, chambre à air sur le dos, à la dure! C'est ridicule de faire suivre des vélos par des voitures. Lancer une course respectueuse de l'environnement est nécessaire. Ce qui a rendu mythique le Tour de France, ce sont les défaillances, les aléas de la course... Ces dernières décennies, la multiplication des technologies a stérilisé le Tour. Un Tour de France, ça doit être des hommes et leur vélo, point! Marre de ces voitures, de ces motos, de ces oreillettes, de toute cette pollution nauséabonde.
Aucune prime aux vainqueurs: ce qui doit motivé les coureurs, ce n'est pas l'argent, mais la gloire. Les partants devront faire voeux de modestie financière. Un non respect du contract entrainerait l'exclusion du coureur. Le Tour n'accepterait que des amateurs qui ont un travail à côté de leur pratique cycliste. Les coureurs ne recevraient aucun salaire de la part des Etats financeurs. Des organismes indépendants seraient chargés de contrôler d'éventuelles fraudes. La soif de gloire a donné au Tour une dimension mystique. La soif d'argent a donné au Tour la dimension d'une benne à ordune. Il faut vraiment limiter la participation au Tour de France à des coureurs modestes. A l'heure actuelle, ce sont les coureurs les plus riches qui peuvent se payer les meilleurs moyens de dopage, les meilleurs stages d'entraînements, les meilleurs vélos... Ce n'est pas l'argent qui doit faire la différence, mais uniquement la volonté des coureurs. Il est impératif d'interdire les vélos onéreux. Le Tour deviendrait plus humain si tous les cyclistes du dimanche pouvaient se comparer à leurs champions... ce qui est impossible actuellement dans la mesure où les vélos des pros sont deux fois plus légers, deux fois plus rigides et vingt fois plus chers! Pour une même puissance, d'un vélo de route ordinaire à un vélo de pro, les différences de performance sont énormes. De plus, cela permettrait de comparer nos futurs champions à nos anciens champions (Coppi, Bartali, Bobet par exemple)... 9 kgs, 1000 euros, voilà qui est raisonnable pour un vélo...
Concernant le parcours: faire le Tour de France, et pas un petit gribouillis dans le sud qui passent ramasser le pognon à Monaco, Andorre, la Grande Motte, Verbier et compagnie! Passer par Lille, Strasbourg, Besançon, Briançon, Nice, Marseille, Perpignon, Hendaye, Bordeaux, Nantes, Brest, Saint Malo, Le Havre (ou dans les alentours pour éviter la circulation)! 5000 kms avec des étapes de 300kms et plein de grands cols! Comme dans les années 20! Difficile? Oui! Mais c'est ça qui donne au Tour sa grandeur. 80% d'abandons plutôt que 20%, comme on le voyait autrefois. Plus d'abandons? Oui! Plus de défaillances? Oui! Plus de dopage? Non, car les coureurs n'auraient pas l'argent pour se doper. Parcourir 5000 kms en trois ou quatre semaines est physiologiquement possible sans dopage... à 30 de moyenne... à 40, ce n'est pas crédible. Avec un tel filtrage sur les conditions de recrutement (coureurs amateurs et modestes, proches du peuple) et une lutte anti-dopage accrue (voir ci-après), le dopage serait quasiment mort et les moyennes retomberaient à des valeurs crédibles! Sur ce point, certains ont exprimé leur pessisme: même les amateurs se dopent... mais j'insiste sur le fait que sans être "riche", il est très difficile de se doper: le dopage sanguin, les hormones de croissance, produits en ATU et EPO sont hors de prix pour un homme modeste. Quant au dopage "bon marché", il est facilement détectable: les laboratoires ne peuvent pas passer à côté du salbutamol, des corticoïdes, des diurétiques, de la testostérone ou des antidépresseurs. De plus, on peut s'étonner que près de la moitié du peloton professionnel ait des prescriptions médicales douteuses (produit contre l'asthme pour dilater les bronches: salbutamol, et compagnie)... Dans cet autre Tour de France, des médecins seraient chargés de valider une nouvelle fois la pertinence de chaque prescription médicale... une prescription abusive provoquerait une exclusion du coureur.
Persévérer dans le passeport biologique: toutes les valeurs sanguines devraient être suivies au moins 2 ans avant la participation d'un coureur au Tour de France. Que de nombreux organismes privés et publiques assurent les contrôles contre le dopage (et pas un seul!!!!!). Ces contrôles seraient financés par la communauté, c'est-à-dire par l'Etat ou l'Union Européene.
Interdire aux coureurs ayant appartenus à des équipes douteuses de participer à ce Tour de France, et ce, même s'ils sont devenus amateurs. Une équipe douteuse étant une équipe dans laquelle au moins un coureur a été contrôlé positif au cours des 20 dernières années.
Outre, le voeux de modestie financière, les candidats à une participation devront pour être "sélectionné" valider un certain nombre de brevets (comme sur le Paris - Brest - Paris): 300 kms par jour pendant 5 jours par exemple, 600 kms dans le week-end ou 400 kms en 20 heures, etc (possibilité d'adapter les sélections selon la disponibilité de chaque coureur). Un jury validerait chaque candidature et aurait le droit d'accepter des coureurs recalés ou pénalisés selon les circonstances. Avec de tels critères de sélection, on éviterait ainsi d'avoir au départ un trop grand nombre de participants et d'abandons durant les premiers jours. De plus, cela permettrait aux coureurs de trouver un rythme d'entraînement régulier et d'entrer quelques mois à l'avance dans ce Tour de France qui doit être, pour chacun d'entre eux, l'accomplissement d'un rêve.
Ainsi, il serait enfin possible de retrouver un grand Tour de France avec 150 partants et 20 arrivants, des étapes de montagne désignant un grand vainqueur en solitaire terminant 5 minutes devant son second, 10 minutes devant le 3ème, 15 minutes devant le 3ème... et le lendemain, de grandes défaillances, un renversement complet de situation... comme dans les années 20, 30, 40 ou 50! De l'aventure, du panache, des coureurs qui terminent en pleine nuit, c'est ça qui a fait la légende du Tour de France. Avec de la volonté, nous pouvons reconstruire un grand événement beau et populaire dont nous serions fiers!
Pour aller plus loin, la suppression de tout classement serait à débattre. En effet, ce qui fait la beauté du sport, ce n'est pas l'adversité, mais la transcendance de soi, le fait d'aller jusqu'au bout soi-même. Les hommes sont physiologiquement inégaux, et comparer leurs performances pour établir une hiérarchie du mérite est absurde. Le but de ce Tour de France serait simplement d'aller jusqu'au bout, de braver par soi-même, sans assistance, des milliers de kilomètres en un temps limité.
PS: pour devancer quelques attaques:
- Le service publique télévisé serait entièrement financé par la communauté et non plus par des fonds privés (fin de la publicité: le Tour ne ferait donc pas gagner d'argent... au passage, en 2012, il n'y aura plus de publicité sur le service public!!!)
- Cette idée de créer un autre Tour n'est pas irréaliste dans la mesure où de telles compétitions existent déjà: citons Paris - Brest - Paris, course amateur dans laquelle l'assistance automobile est interdite, proportions infimes de coureurs "riches", interdiction de participations aux pros, 27-28 de moyenne pour les premiers finisseurs... Si on prend le Tour de France 2009 tel quel, et que l'on essaie de le transformer, ça ne marchera pas: il y aura trop de protestations de la part de ceux qui tirent un bénéfice financier de l'événement (si ASO veut continuer à faire son Tour, pourquoi pas: ce Tour d'ASO ne nous empêche aucunement de créer un autre Tour de France). Mais si on part de zéro en s'inspirant d'un Paris - Brest - Paris, ça me semble réaliste: il suffirait simplement d'organiser un Paris - Brest - Paris en plus grand (avec une vingtaine d'étapes).
- si la communauté n'est pas intéressée par ce financement, cet autre Tour de France pourrait être financé par les participants. Un Tour de France avec seulement des hommes et leur vélo ne coûterait pas bien cher (D'ailleurs, qui finance Paris - Brest - Paris? Les participants!) Pour 1000 euros par inscrit, ça devrait suffire (50 euros par jour pour logement et nourriture) voire même 3-400 euros, si on arrive à loger les coureurs dans des gymnases sur des lits de camps... Dans ce cas, les financements proviendraient uniquement du travail (hors cyclisme) de l'amateur (contrôle, et refus de tout sponsoring). Que chaque participant fasse des économies toute l'année pour réaliser son rêve ne peut que rendre la compétition plus belle.
Je me fiche qu'on se moque de mes propos, qu'on me traite d'illuminé. Tout ce que j'ai à dire, c'est que, pour moi, ce Tour de France serait beau, et que le Tour de France actuel me donne la nausée.
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