Le vainqueur du Tour de France 2008, Carlos Sastre, a parcouru 3558kms500 en 87h52'52". Soit une vitesse moyenne de
40,492 kms/h.
Le dernier du Tour de France 2008, Wim Vansevenant, a parcouru 3558kms500 en 91h48'37". Soit une vitesse moyenne de 38,759 kms/h.
Miguel Indurain a gagné le Tour de France 1994 à la vitesse moyenne de 38,381kms/h.
La lanterne rouge du Tour de France 2008 a donc été plus rapide que le vainqueur du Tour de France 1994! Mais ce n'est pas tout car si on fouille dans les archives, on s'aperçoit que le dernier du Tour de France 2008 a également été plus rapide que les vainqueurs des Tour de France 1993, 1991, 1990, 1989, 1987, 1986, 1985 (1,5km/h de mieux pour Vansevenant contre Hinault! soit à peu près le même écart que Sastre et Vansevenant en 2008! c'est-à-dire que virtuellement, on pourrait imaginer un Tour avec Vansevenant en vainqueur et Hinault dernier du classement général!), 1984, 1983, 1982, 1981, 1980, 1979, 1978, 1977, 1976, 1975, 1974, 1973, 1972, 1971, 1970, 1969, 1968, 1967, 1966, 1965, 1964, 1963, 1962, 1961, 1960, 1961, 1960, 1959, 1958, 1957, 1956, 1955, 1954, 1953, 1952, 1951, 1950, 1949, 1948, 1947, 1939, 1938, 1937, 1936, 1935, 1934, 1933, 1932, 1931, 1930, 1929, 1928, 1927, 1926, 1925, 1924, 1923, 1922, 1921, 1920, 1919, 1918, 1917, 1916, 1915, 1914, 1913, 1912, 1911, 1910, 1909, 1908, 1907, 1906, 1905, 1904 et 1903.
Il est vrai que les vitesses moyennes dépendent du vent, du relief, du déroulement des courses... Si Carlos Sastre atteint les 40,492kms/h, c'est surtout grâce au travail des équipes de sprinteurs pour rattraper les échappées dans les étapes les plus plates. Quoiqu'il en soit, les pros roulent de plus en plus vite. Et la raison de ce changement s'explique, sans doute, par le dopage plus que par des modifications de la vitesse du vent. Dans les années 80, Hinault et Fignon montaient l'Alpe d'Huez en 48 minutes après une grosse étape de montagne... alors que dans les années 2000, après une grosse étape, Sastre, Armstrong, Landis tournent autour des 37-39 minutes. Comment croire à un Tour propre? Comment croire à un coureur propre? Le cyclisme professionnel - et tout le sport professionnel en général - n'est t-il pas devenu qu'une immense machine économique? Les coureurs ne sont-ils pas réduits à être des porteurs de logo? N'ont-ils pas l'obligation pour ne pas se retrouver au chômage de faire une triompher une marque? Et comment faire triompher une marque sans dopage si tous les autres se dopent? Le sport professionnel n'est-il pas perverti? A t-il encore un sens? N'est-on pas à des années lumières des grandes épopées du début du siècle dernier? Avant le Tour de France, c'étaient des coureurs seuls au milieu de paysages grandioses... c'étaient de belles histoires de courage, d'amitié... c'était une grande aventure: il y avait plein de chose à raconter... on est loin de ces coureurs qui partaient avec leur boyau sur l'épaule... maintenant, un coureur crève, on lui change carrément sa roue en moins de 20 secondes... il n'y a plus rien à raconter: les coureurs ne sont que des assistés: pour un coureur, il y a un 20 voitures et 20 médecins... maintenant, le Tour de France, ce n'est plus qu'un convoi de centaines de véhicules qui balancent des petits bouts de papiers sur le bord de la route pour se faire de la pub; au milieu de ces camions, de ces voitures, de ces motos... un troupeau de dopés sponsorisés par des machines capitalistes... un troupeau qui passent si vite qu'on peut à peine les voir même dans les montagnes les plus pentus.
Les vrais forçats de la route sont ailleurs. Il faut plutôt les chercher chez les anonymes... Paris - Brest - Paris, par exemple, portent bien plus l'esprit du Tour de France 1903 que le Tour de France moderne lui-même. Rouler pendant 50-60 heures, nuit et jour, sans s'arrêter, sous la pluie, c'est de la démesure, c'est avoir une volonté exceptionnelle. Le Tour, ce n'est plus qu'un gigantesque cirque avec des coureurs de laboratoire. Une solution efficace pour sortir du dopage serait de ne plus promouvoir la compétition. La compétition n'a aucun sens: dans la mesure où aujourd'hui plus qu'autrefois, le vainqueur du Tour de France n'est pas le coureur qui a le plus grand mérite.
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