
Madonna di Campiglio, le samedi 5 juin 1999, à la veille de la dernière étape du Giro, les résultats d'un contrôle anti-dopage tombent: Marco Pantani, vêtu du maillot rose de leader, a un taux d'hématocrite supérieur à 0,5, il est contraint de quitter l’une des plus prestigieuses courses au monde. Ce 5 juin, ce jour que l’on appelle désormais « le jour ou Marco à cesser d’être Pantani » la vie de Marco bascule définitivement… dans la déchéance, l’acharnement et la vengeance. A la suite de cet ébranlement, il est humilié, victime de la guillotine démocratique, il passera quatre longues années dans les tribunaux pour payer la dette de tous les cyclistes, il perd goût à la vie. Un retour en arrière s’impose afin de mieux comprendre ce qui s’est passé dans la nuit du 14-15 février 2004.
En 1992, lorsque Pantani commence sa carrière de cycliste, qui aurait dit qu’un jour, au seul moyen de son coup de pédale, ce timide italien aux allures de pirate deviendrait, à l’égal de Fausto Coppi ou de Gino Bartali, l’homme de tout un pays ou encore le digne successeur de Charly Gaul ou de Frederico Bahamontès.
Celui qu’on nomme Il Elefantino pour ses oreilles, qu’il ne peut pas dissimulé, a débuté sa carrière en 1992 chez CARRERA-TASSONI ou il finit 814ème au classement UCI, sans glaner de succès. Il montre déjà qu’il confirmera dans le futur tous les espoirs placé en lui, grâce à une saison amateur ou il s’est brillamment illustré, notamment en gagnant le Baby Giro. Les progrès sont rapides, en 1994 il termine la saison au 26ème rang UCI, en remportant ses deux premiers bouquets, ainsi que deux classements annexes. En 1995, après avoir terminer à la 17ème place du Tour de France, le 18 octobre, Marco rentrera en collision avec une voiture qui roulait en sens inverse dans une descente de Milan-Turin. Le verdict sera lourd ; fracture ouverte du tibia et de la jambe gauche. Après une longue est pénible rééducation, il passe une douloureuse année 96, sans remporter la moindre course. Le divorce entre CARRERA et le romagnole est dès lors inévitable. Marco retrouvera les chemins de la gloire sous le maillot de l’équipe Mercatone Uno en 1997. Le 21 juillet est le jour de l’apothéose pour un Pantani plus impérial que jamais, il remporte l’étape Courchevel-Morzine devant Ullrich. Cette année-là, il termine le Tour en s’adjugeant une très belle troisième place.
L’année 1998 restera sa plus belle saison, puisqu’il réalise le doublé Giro-Tour et laisse définitivement sans surnom d’Il Elefantino derrière lui pour acquérir celui du « pirate ». Il est le Roi des victoires sur l’ensemble du circuit mondial Pro avec pas moins de 19 succès, il termine 4ème UCI et décroche le Vélo d’Or International.
En 1999, après avoir conquis les plus hauts sommets, celui que Charly Gaul considère comme son fils spirituel amorce une descente vertigineuse. Alors que la victoire lui était acquise à deux jours de la fin du Giro, après avoir remporté haut la main plusieurs victoires d’étape, une rumeur monte furieusement ce matin du terrible 5 juin 1999. Marco aurait été contrôlé positif. Le verdict tombe, Pantani est interdit de départ, pour un taux d’hématocrite trop élevé.
Depuis ce jour, Marco n’est plus autant accessible qu’auparavant, il se renferme sur lui-même, lui qui était d’habitude si ouvert. Il parviendra à trouver quelques piques de formes les années suivante. Mais après ça, Pantani ne fut plus jamais le même.
A la suite d’une enquête ouverte par le procureur de Turin sur l’accident de Milan-Turin, Pantani fut accusé de fraude sportive. Le procès débuta le 13 octobre 2000. Durant plus d’une année il dut passé plus de temps dans les tribunaux que sur son vélo. Le verdict tomba le 23 octobre 2001, « acquittement, l’argument est que le délit, au moment des faits, n’étaient pas pénalement punissable. »
Le 29 mais 2002, retour devant les tribunaux pour le même délit, cette fois concernant l’affaire de Madonna di Campiglio. Le 2 octobre 2003 l’acquittement tombe pour les mêmes arguments que le procès précédent. Il échappe de justesse à un troisième procès, mais le mal est fait.
En 2003, alors qu’il avait montré des signes encourageants, après avoir réaliser un bon Giro, il ne fut pas sélectionné pour le Tour de France. Ce fut la goutte qui fit déborder le vase, de plus sa dernière tentative de renouer avec son ex compagne Kristina échouât quelques mois plus tard. Marco arrête définitivement le vélo, on n’entend plus parler de lui. L’arrêt du sport et certainement le fait qu’il prend de la cocaïne lui font prendre 20 kilos. Entre novembre et décembre il s’exile deux fois à Cuba pour une cure de désintoxication. Il vit une vie plus ou moins tranquille jusqu’au jour ou après une discussion fort animée avec son père il s’isole à Ronchi dans une chambre d’hôtel. Plus personne n’a la moindre idée de son emploi du temps jusqu’au 9 février, jour où le Pirate prend le train à destination de Rimini. Il prend résidence à l’endroit même où il avait fait connaissance avec Kristina. Il n’a rien emporté avec lui, sauf de la cocaïne. Il prendra sa dernière dose, le jour de
Est-ce la mort du vrai Marco, que l’on connaît ou celle de l’homme au cœur brisé, sans amour, qui choisit de mettre fin à ses jours le soir de
Peu importe, nous ne pouvons pas revenir en arrière, mais le but est de comprendre le message qu’a voulu faire passer Marco. Ce message est destiné à tous, les sportifs, les fans, la presse, la justice et j’en passe, plus jamais une chose pareille. Il faut arrêté avec le dopage, avec la pression de l’argent et l’acharnement. Faire des lois qui soient pour tous pareils, dans un monde juste, sans tricherie.
J’ai écris ces lignes car les derniers mots de Marco, griffonné quelques heures avant sa mort furent ceux-ci : « Et je ne m’en cache pas, je me sens blessé et tous les jeunes qui croient en moi doivent parler. Ciao, Marco ».
Marco, merci pour tous les beaux moments que tu nous as fait vivre. J’espère que ce document t’aurait apporté satisfaction. Adieu Pirate, adieu l’homme dont la destinée t’a joué des mauvais tours, je retiendrai de toi l’immense champion que tu étais. Repose en paix.
non j'en ai marre, sa me soule, mais c incroyable, mais ou vous avez tous vu que Marco a été controler positif, mais c pas possible, Marco n'a jamais été controler positif a quoi que se soit.
Il me semble qu'un taux d'hématocrite supérieur à 0,5 équivaut à un contrôle positif. A l'époque, je crois qu'on ne savait même pas doser l'EPO.
Pas en 39 minutes mais 36'30"! 39' c'est le temps d'Iban Mayo en 2003.
2 ans qu'il nous a quitté... c'était un grand, plein de panache... qu'il nous manque!