
Après s’être fait battre au sprint par George Hincapie dans l’étape reine du Tour, Oscar Pereiro Sio prend une magnifique revanche en remportant la dernière étape pyrénéene en compagnie de ses quatre compagnons d’échappées. On pensait, au départ de cette étape, qu’aucun des favoris n’allait aujourd’hui attaquer. Le profil de l’étape, malgré la présence d’un col hors catégorie s’y prétait mal puisque dans les 80 derniers kilomètres, aucune difficulté majeure n’était à signaler. Cependant, les T-Mobile ont à nouveau tenter de fusiller le peloton avec une attaque dans la grande ascension du jour d’Alexandre Vinokourov puis de Jan Ullrich. L’objectif pour Vino était probablement la victoire d’étape, pour Ullrich, c’était vraisemblablement de lâcher Rasmussen. L’allemand souhaitait ainsi combler une partie de son retard sur le troisième du général pour monter sur le podium sur les Champs Elysées. Hélas, le danois a résisté... Sous l’impulsion d’Ullrich, un quatuor s’est formé composé de l’allemand, de Basso, d’Armstrong et de Rasmussen. On se serait cru pendant quelques kilomètres dans un final d’étape digne de Courchevel ou d’Ax 3 Domaine mais c’était oublier la suite du parcours. Devant Vino accompagné d’Heras ne pouvaient rien faire face au braquet d’Ullrich. Dans la descente, un peloton s’est reformé et la grosse bagarre était terminée pour aujourd’hui. Devant, quatre hommes poursuivis par un petit groupe (contenant Flecha) avait une avance suffisante pour se disputer l’étape parmi eux : Pereiro et surtout Evans, onzième du général à 12 minutes d’Armstrong environ. Les T-Mobile sentent que ce coureur menace Ullrich mais aussi Vinokourov, huitième au général. Evans pense à ce classement, il se lance dans un contre la montre, donne tout jusqu’aux derniers mètres et laissent ses compagnons se disputer l’étape. Pereiro gagne, enfin ! Les Phonak semblaient maudits, on se souvient de la seconde place de Botero dans l’étape remportée par Vino et de celle de ce même Pereiro battu par Hincapie. Au général, Evans est désormais huitième devant Vino mais n’a réussi à prendre que quelques secondes au kazakh. Ullrich a prouvé aujourd’hui qu’il était encore dans le coup et qu’on pouvait compter sur lui à l’avenir mais n’a pas repris de temps à Rasmussen. Après les Pyrénées, tous les passionnés de la grande boucle regardent déjà l’horizon de 2006. Basso a prouvé cette année qu’il était, derrière Armstrong probablement le meilleur grimpeur du peloton. Vino a déçu, on le pensait plus performant dans les étapes de haute montagne. Ullrich a répondu présent sans pour autant réussir à briller. Rasmussen a surpris, certes sans son bon de sorti en Alsace, il ne serait pas sur le podium mais aurait probablement sa place dans le Top 5 tout comme Mancebo, Valverde. Bref, dès qu’Armstrong aura pris sa retraire, les cartes seront redistribuées... et le Tour aura alors un nouveau visage. Dans mon classement des plus grands coups de panache, je tiens à attribuer la cinquième place à Pereiro pour cette étape et celle de dimanche dernier.
Au classement général:
1. Lance Armstrong, Discovery Channel, USA
2. Ivan Basso, CSC, Italie à 2'46
3. Mickael Rasmussen, Rabobank, Danemark, 1 étape à 3'09
4. Jan Ullrich, T-Mobile, Allemagne à 5'58
5. Francisco Mancebo, Iles Baléares, Espagne à 6'31
6. Levi Leiphemer, Gerolsteiner, USA à 7'35
7. Cadel Evans, Davitamon, Australie à 9'29
8. Floyd Landis, Phonak, USA à 9'33
9. Alexandre Vinokourov, T-Mobile, Kazakhstan, 1 étape à 9'38
10. Christophe Moreau, Crédit Agricole, France à 11'47
11. Andreas Klöden, T-Mobile, Allemagne à 12'01
12. Eddy Mazzoleni, Lampre, Italie à 14'24, échappé aujourd'hui
13. Yaroslav Popovych, Discovery Channel, Ukraine, meilleur jeune après l'abandon d'Alejandro Valverde à 14'27
14. Haimar Zubeldia, Euskaltel, Espagne à 15'26
15. Oscar Pereiro, Phonak, Espagne, 1 étape à 15'31
Meilleur jeune: Yaroslav Popovych
Maillot vert: Thor Hushovd
Maillot du meilleur grimpeur: Mickael Rasmussen
